Evelise Millet © Tous droits réservés - 2026

Actuellement

Résidence Villa La Brugère du 31 août au 11 septembre 2026.
" Evelise Millet vient en résidence pendant deux semaines à la Villa La Brugère pour travailler à son projet La peau de l’eau qui se concentre sur l’estuaire de la Seine. Dans ce projet, il ne s’agit pas seulement de produire des empreintes de la surface de l’eau, mais de chercher ce que ces empreintes révèlent d’un milieu. Cette recherche explore les invisibles de l’eau (micro-organismes, contaminants) et leur persistance dans la mémoire des sédiments.

Dans le cadre d’un accueil au sein du laboratoire de recherche Morphodynamique Continentale et Côtière (Rouen et Caen), Evelise Millet aborde le fleuve à différentes échelles. Les échanges avec les scientifiques ouvrent de nouvelles dimensions. L’observation du phytoplancton au microscope, par exemple, ou les analyses géochimiques, déplacent le regard, de la surface visible du fleuve vers ce qu’il transporte et contient, vers ce qui est latent.

L’artiste envisage cette résidence comme un temps de décantation pour consolider la pensée et faire émerger la forme/les formes du travail. Elle souhaite reprendre les observations, les lectures, les récits des rencontres, les expériences et les différentes pistes apparues au fil des mois, et mettre en relations ces données avec les formes produites par l’exploration plastique. Cela pourrait donner lieu à des dessins, des images imprimées, du volume,…
Il s’agit de comprendre comment les différentes échelles (du territoire, de l’eau, du macro, du micro) peuvent coexister dans ce projet (protéiforme et au long cours).
Ce travail ouvre également une réflexion sur la notion de surface, comme interface dynamique, liminale, où se rencontre air et eau, micro-organismes, minéraux et activités humaines. "

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Evelise Millet travaille l’empreinte, le dédoublement du monde réel par un jeu de positif-négatif propre aux surfaces et matières qui se rencontrent et s’impriment. Evelise Millet a été formée à l’édition, une pratique indexée à la grille, à l’épreuve, à la casse, à la précision horlogère d’un travail de l’image et au choix du papier. La grâce de son travail, sa ténuité, repose sur l’extrême attention portée à l’infiniment petit, au moléculaire, au quasi invisible. Elle révèle donc. Elle rassemble sur un autre plan ce que nos yeux peinent à voir. Dans cet entretien de décembre, Evelise raconte faire dessiner les cours d’eau, vouloir relever l’empreinte des fleuves sur une feuille de papier pour fixer en 2D ce qu’ils contiennent de plus bouillonnant : les hydrocarbures du trafic fluvial, les végétaux en décomposition et surtout la vie de ses occupants dans leur forme infinitésimale, celle des planctons. Dans une œuvre précédente, « Seuil », c’est la poussière qu’elle balaie et passe au tamis, avec cette même attention portée à ce qui compose la sédimentation d’un lieu : les traces du passage de ses habitants, le relief de leurs usages.
Les gestes qu’impose Evelise Millet conditionnent notre regard. Il faut s’arrêter, figer le mouvement, capter le flux. Par un jeu de miroir grossissant, elle zoome sur le détail pour nous le rendre accessible, passant au crible – scanner ou microscope – poussière et plancton. Puis, dans un rapport d’échelle inversé, ce sont la fois suivante les gros bateaux qu’elle suit en direct sur des cartes indiquant le trafic fluvial et maritime qui induiront les vagues et lui imposeront sur la rive l’attente de la fin des remous pour sa pêche aux organismes miniatures. L’image obtenue sur le papier aura finalement l’esthétique satellitaire des outils qui impulsaient les recherches préparatoires. Les sortes de relevés topographiques dont les marbrures s’impriment apparaissent tels des dépressions et des anticyclones : des masses aériennes et mouvantes que nous adoptons par paréidolies pour rendre entendable et maniable ce qui se joue à une autre échelle, le très vaste comme le tout petit.

Texte de Marion Le Torrivellec, printemps 2026, Laboratoire Recto/Verso.

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La peau de l'eau, 2026. Vue de l'exposition Ciel, ruisseau, racines, La lune en parachute, Épinal.

Cargo, 2025. © Julien Tragin

Diplomatie (terre crue), 2022, vidéo HD, couleur, muet, durée variable..
Seuil, 2021. Tapis en caoutchouc, poussière de seuils, 120 x 45 cm.
Empreinte de la surface de l'eau, 2021, papiers à dessin et feuilles aquarelle, poussières de roche, dimensions variables.
Une goutte façonne son milieu, 2021.